dimanche 5 septembre 2010

Relecture : Borderline

Il existe de ces livres dont on ne se fatigue jamais. On peut les relire un nombre incalculable de fois, et toujours ils parviennent à nous toucher. Pour ma part, je me suis replongé cette semaine dans Borderline de Marie-Sissi Labrèche. Roman publié en 1998, je fus sans doute un de ses premiers lecteurs, puisque je le découvris au Salon du Livre de Montréal de cette même année. Je me souviens de l'avoir alors dévoré en une nuit. Depuis, il ne passe pas une année sans que je ne m'y replonge à nouveau.

Qui a-t-il de si uniquement dans ce roman? Mystère et boule de gomme. Peut-être s'agit de la fragilité que Labrèche ne cherche pas à dissimuler. Peut-être est-ce à cause de la folie contagieuse des mots. Peut-être est-ce à cause de toute la poésie qui se dégage de sa douleur.

En moins de deux, toute la maison s'est vidée comme quand on évacue l'eau du bol des toilettes. Ma mère sur la brancard, tout le monde est parti avec elle, le point de mire. Moi, on m'a laissée là, seule. Je ne sais pas si ma mère est morte. Je ne sais pas ce qui va m'arriver [...] Je suis couchée par terre dans le salon, le plancher est froid et me glace le dos. Je m'en fous. Je ne me lèverai pas d'ici. Je n'ai plus envie de bouger. Le vide est tellement lourd.

Pour lire un billet plus complet, il suffit d'avancer à l'arrière.