Le film Shutter Island, c’est un budget de quelque 80 millions et des revenus qui totalisent près de 300 000 millions. Avec des grosses pointures comme Leonardo Dicaprio et Martin Scorsese, un tel succès s’explique aisément. Et puis, il y l’histoire elle-même qui mêlent suspense et fantastique.Si le film s’impose comme une réussite incontestable, qu’en est-il du roman dont il fut tiré?
Hum…
La vérité est que, quand on se retrouve avec Shutter Island (par Dennis Lehane) entre les mains, l’inquiétude est inévitable, car tout le synopsis de l’œuvre rassemble les clichés du roman policier : durant les années 1954, loin des grandes villes, sur une ile entourée de récifs (lire Les douze petits nègres de Agatha Christie) se trouve un institut psychiatrique dans lequel une dangereuse meurtrière s’est évadée de sa chambre, pourtant fermée à clé et sans fenêtre (lire Poe et Leroux). Entre en scène les deux Marshall américains dure à cuire, (lire n’importe quelle œuvre de Dashiell Hammet) dont Teddy Daniels, un homme tourmenté par son passé (lire le premier Simenon que vous trouverez).
Il reste que les deux cents premières pages m’auront tenu collé (vissé?) à ma chaise tant l’intrigue ne cesse de se complexifier sans pour autant tomber dans les lieux communs du genre. Tant les dialogues que les descriptions participent à créer une atmosphère à la fois inquiétante et intrigante. Les personnages eux-mêmes, pas vraiment attachants, pas vraiment détestables, dissimulent tous quelque chose sans qu’on parvienne à savoir quoi.
Puis, quelque part après le milieu de l’œuvre… PAF! J’ai deviné la fin.
Malgré la tempête qui secouait alors l’ile, malgré l’entêtement de Teddy à découvrir ce que, visiblement, le personnel de l’hôpital tente de lui cacher, malgré tout cela, rien n’a pu me faire douter : je SAVAIS de quelle façon le roman se terminerait.
Par conscience, j’ai lu ce qui restait de l’œuvre, pour « découvrir » ce que je savais déjà.
Cela fait-il de Shutter Island un mauvais roman policier? Impossible à dire. Sans doute aurais-je été emballé n’eut été ce « léger » détail. Voilà très certainement la preuve que, plus on lit des romans policiers, plus il devient difficile d’en trouve un nouveau qui saura nous surprendre.
Shutter Island, Dennis Lehane [trad. de l’anglais par Isabelle Maillet], Rivages Noir, 392 pages, 2009.
2 commentaires:
J'ai moi aussi été déçu par ce roman, dont tant de blogueurs disent tant de bien. Le rythme est très lent, les personnages fades et sans originalité et les dialogues poussifs. Même la fin (que je n'avais pourtant pas devinée) ne m'a pas ébloui. Bref, beaucoup de bruit... pour pas grand-chose.
C'est Les Dix Petits Nègres!
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