« Voici l’histoire de Danny, des amis de Danny et de la maison de Danny. Voici comment ces trois sont devenus une seule et même chose, car, à Tortilla Flat, lorsqu’on parle de la maison de Danny, il ne s’agit pas d’une veille construction de bois mal badigeonnée, disparaissant sous un antique rosier de Castille jamais taillé. Non, quand on parle de la maison de Danny, on entend par là une entité dont les composantes étaient des hommes et qui fut source de douceur et de joie, de philanthropie et pour finir, de peine mystique. » (Quatrième de couverture)
Pour plusieurs, John Steinbeck est d’abord et avant tout l’auteur de Des souris et des hommes et Les raisins de la colère. Pourtant, le prix Nobel de la littérature (1962). Il reste que, avant toute cette gloire, il écrivit quelques petits bijoux qui aujourd’hui sont, malheureusement, trop souvent ignorés. Parmi ceux-ci se trouvent Tortilla Flat. Dans ce bref roman de jeunesse, Steinbeck s’amuse à nous raconter les aventures de trois paisanos (mélange d’amérindiens et de mexicains) naïfs au grand cœur.
Roman picaresque de la Californie des années 1930, Tortilla Flat peut facilement être qualifié de conte pour « grandes personnes ». Les personnages, des adultes demeurés enfants, traversent mille et une aventures dans lesquelles le vin n’est jamais bien loin. Il y a des histoires d’amour, de chasse aux trésors et de lampion dédié à la Vierge Marie. Danny et ses compagnons ont beau être de paresseux bagarreurs, leur joie de vivre nous fait tout leur pardonner. La narration, parfois ironique souvent humoristique, laisse deviner le sourire de Steinbeck lorsqu’il écrivait ces lignes.
Tortilla Flat est définitivement un des grands romans du XXe siècle. Une toute petite histoire qui parviendra à attendrir le plus dur des cœurs.
Petit conseil de lecture : Si vous maîtrisez assez bien l’anglais, je vous conseille vivement la version originale... la traduction française diminue de beaucoup l’ironie de Steinbeck et l’originalité des dialogues.
John Steinbeck, Tortilla Flat, coll. Folio, éd. Gallimard, 2004, 253 pages, ISBN 2070368971
2 commentaires:
J'ai un très grand souvenir de ce livre, pourtant lu en français.
Du grand Steinbeck.
@ Delphine : Voilà la preuve qu'un grand livre n'a pas besoin de contenir beaucoup de pages.
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