Résumer l’œuvre me paraît impossible. Il me faudrait pour cela recopier l'ensemble du roman tant le récit est complexe. Je simplifierai donc... Toorop, un mercenaire high-tech, a pour mission d'escorter une jeune femme schizophrène, Marie, jusqu'au Québec en échange d'une importante somme. Il s'avère rapidement que la jeune femme est la mère porteuse d'une créature génétiquement modifiée... un "contenu" qui intéresse plusieurs groupes criminalisés : gangs de bikers, sectes post-millénaristes et mafia. Babylon Babies contient définitivement une forte touche de roman noire.
Babylon Babies refuse de se confiner dans le moule du roman de science-fiction classique, car ici nous voilà en pleine littérature cyber punk (l’expression n’est pas moi, je précise). En effet, Dantec va beaucoup plus loin que la simple création d'un futur fait de machines et de robots. Son monde en est un de drogues hallucinogènes, de schizophrènes et de manipulations génétiques.
Il s'était retrouvé dans ce monde post-apocalyptique, ce monde de désolation recouvert de cendres, il savait que ce monde formait la structure sous-jacente d'un rêve qu'il faisait de manière récurrente depuis des années [...] Marie l'attendait à une station de bus dont seul le sommet dépassait du tapis de cendres. Marie était Marie et pourtant ce n'était plus elle. Il savait que c'était elle, mais elle avait complètement changé d'allure, et de visage. (p.615)
Dès lors, il n'est pas surprenant de constater que le roman contient de nombreux passages ressemblant davantage à des poèmes qu'à une narration continue. On suit les délires des personnages dans les moindres détails, ce qui pourrait agacer certains lecteurs habitués à des histoires plus fluides. Fort heureusement, une cohérence générale se dégage malgré tout du récit. On est loin de certains délires sans fin de Philip K. Dick.
Pour ce qui est du film (mettant en vedette Vin Diesel) vaguement basé sur le roman, éh bien… Disons que la bande-annonce du film résume bien la direction prise par Mathieu Kasovitz.
Pour ce qui est du film (mettant en vedette Vin Diesel) vaguement basé sur le roman, éh bien… Disons que la bande-annonce du film résume bien la direction prise par Mathieu Kasovitz.
On oublie donc le film.
L'écriture de Babylon Babies reflète admirablement bien le récit que contient l’œuvre. Pour parler en bon petit écolier, "le fond et la forme du roman mettent en valeur les idées et concepts exprimés par Dantec". Certes, la spirale que forme l'ensemble du texte a quelque chose d'un peu effrayant. Le style de Dantec est unique. Il demeure qu'on ne doit pas se laisser rebuter par son approche.
Maurice G. Dantec, Babylon Babies, éd. Gallimard, coll. Folio SF, 2004 [1999], 719 pages, ISBN 2070417530.
2 commentaires:
Dantec est un auteur qui m'intrigue et que je vais lire un jour, c'est sûr!! J'ai Villa vortex qui m'attend sur son étagère, vivement la rencontre!! Mais visiblement il faut du temps...
J'ai suivi Maurice Dantec avec plaisir dans ses premiers romans "la sirène rouge" et "les racines du mal" j'ai encore accroché à Babylone Babies mais depuis j'ai décroché car son côté provocateur n'attire plus ma sympathie
j'ai un souvenir mitigé de ce roman, assez difficile de lecture mais étrangement attirant ...un auteur dérangeant.
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