dimanche 18 mai 2008

Marelle par Julio Cortazar

Le livre idéal ne serait-il pas celui que l’on pourrait lire et relire sans jamais se lasser de l’histoire qu’il contient ? Un bouquin qui, d’une fois à l’autre, semblerait nouveau ? Un roman qui ne se laisserait pas enfermer dans un résumé succinct des quelques lignes ?

Ce livre existe dans toute sa complexité. Il prend probablement la poussière chez votre libraire préféré. Et pour cause... 590 pages de petits caractères imprimées avec une encre parfois baveuse... une quatrième de couverture qui contient les mots « « essai », « jazz », « circumnavigation extraordinaire » et « poésie »... en plus d'offrir un
Mode d’emploi en guise d’introduction.

Cette oeuvre fascinante, c’est
Marelle de Julio Cortázar. Composé à la manière d’un puzzle, ce roman est à la fois une intense histoire d’amour (entre Horacio Oliveira, sculpteur argentin qui débarque sur Paris pour effectuer son éducation sentimentale, et la Sybille, uruguayenne au passé trouble), un traité de métaphysique, une introduction à la pataphysique, une ode au jazz et au Paris des années cinquante.

Et tant qu’à faire dans la complexité, les chapitres de
Marelle peuvent-être lus suivant plusieurs ordres. On peut y aller chronologiquement, du chapitre 1 au chapitre 155. Il y a aussi la possibilité proposé par Cortázar à la page 7. Notez finalement que le bouquin se divise en deux partie (l’une « fiction » et l’autre essai ») pouvant être lues de manière dépendante ou indépendante.

Voilà sans conteste le chef d’œuvre de Julio Cortázar. Un de ces romans labyrinthes rêvés par Borges. On y aime, on y boit, on y rit, on y pense et on y fait l’amour dans une spirale sans fin dans laquelle nous tombons avec plaisir.
Marelle est un roman qui se savoure lentement. Il s’agit de ces livres qui se lisent à voix haute, comme si le son des paroles prononcées révélaient encore plus l’atmosphère du texte.

Julio Cortázar,
Marelle (traduit de l'espagnol par Laure Guille-Bataillon et Françoise Rosset), éd. Gallimard, coll. L’imaginaire, 1994 [1978], 590 pages, ISBN 2070291340.

© Citadelle des livres

3 commentaires:

sybilline a dit...

Un gros livre prodigieux mais difficile, auquel j'ai préféré le plus classique et fabuleux "Les armes secrètes"

Louis a dit...

@ Sybilline : Marelle forme plusieurs livres en un... et Les armes secrète forme plusieurs mondes en un. Cortazar possède ce génie qui étonne sans cesse ses lecteurs.

Colville a dit...

heu, non la lecture 1 ne se fait pas du chapitre 1 au 155. Mais de 1 à 56. La deuxième lecture elle se fait en suivant un ordre proposé par Cortázar, dans lequel on intègre les chapitres 57 à 155. Enfin, je suppose qu'après on peut aussi lire comme on a envie, Julio serait content de ça.